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L’anxiété, mon histoire

L’année de mes 15 ans

J’avais 15 ans. J’adorais le baseball, je m’habillais années 70, j’enroulais mes cheveux encore mouillés pour qu’ils forment des boudins en séchant. Et à l’intérieur, je souffrais.

Ça faisait au moins six ans que je consacrais plusieurs heures par jour à faire des rituels, pour m’aider à réduire l’anxiété que je vivais : c’étaient des règles mentales que j’avais développées pour me “protéger”.

Le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) : mon mécanisme d’évitement

Je passais des heures à caresser la photo funéraire de mon grand-père. À tirer la toile devant ma fenêtre en comptant “1, 2, 3” sans voir un éclair de feu dans ma tête, ou la maison allait prendre en feu durant mon sommeil. À compter “1, 2, 3” en fermant le cadenas de mon casier à l’école, sans quoi j’allais obtenir une mauvaise note à mon examen.

Ma vie entière reposait sur des rituels de ce genre, toujours plus nombreux, toujours plus créatifs, et me causant toujours plus de détresse. Je savais que cela n’avait aucun sens, mais c’était plus fort que moi.

La nuit qui a tout changé

Une nuit, je m’étais couchée dans le passage en haut de l’escalier, en cachette, pendant que mon père mangeait ses chips Ruffles Original dans un bol métallique géant.

Depuis qu’on m’avait traitée de “malade mentale” devant toute la classe, je n’avais plus d’amis. En guise de refuge, j’avais décidé de peindre un temple de la renommée des Expos dans ma garde-robe (je rêvais secrètement d’être le médecin de Vladimir Guerrero). Mais ça sentait la peinture dans ma chambre, et j’étais convaincue que ça brûlerait mes neurones. Je m’étais donc couchée dans le passage, sur le plancher de bois franc, avec ma douillette et mon oreiller.

Au milieu de la nuit, quand mon père est monté et qu’il m’a trouvée couchée en boule au sommet de l’escalier, il était désemparé et s’est mis à crier. Je comprends mieux sa réaction aujourd’hui, car je sais combien c’est difficile de voir un proche souffrir.

Cette nuit-là a été déterminante, car elle m’a obligée à faire un choix : continuer de souffrir, ou demander de l’aide.

Le premier pas vers la guérison

Le lendemain, du haut de mes 15 ans, rongée par la honte, je franchissais la porte de l’aile psychiatrique de l’hôpital. C’était le premier pas vers la guérison. Car oui, c’est possible de guérir, et il n’y a aucune honte à consulter un spécialiste. Au contraire, c’est bénéfique.

C’est là que j’ai rencontré un psychologue qui m’a proposé un plan de match : “Chaque semaine, on va se voir et on va régler un de tes rituels.” J’ai aimé son idée. Ça m’a motivée, j’ai senti que c’était possible.

Puis, j’ai rencontré une psychiatre qui m’a posé deux questions.

“As-tu des idées noires?”

“Hein? Non !” À l’époque, je ne savais pas encore c’était quoi, le suicide.

“Veux-tu prendre de la médication?” “Non, pas du tout !”

Pendant un an, toutes les semaines, j’ai donc rencontré mon psychologue aussi barbu que bienveillant. Il avait des yeux doux, un regard compréhensif, et il m’aidait à accueillir l’anxiété sans l’éviter systématiquement par les rituels que mon cerveau avait inventés.

On a commencé par le plus petit rituel, celui du cadenas. Et on a travaillé jusqu’au moment d’affronter mon rituel le plus lourd, celui de la toile que je devais abaisser sans voir un éclair de feu.

L’année de mes 16 ans

Un an après avoir amorcé ma psychothérapie, j’avais 16 ans, je vouais un amour aux vêtements hippies de ma mère, qu’elle avait gardés “au cas où elle aurait une fille”, et j’avais raffiné mes goûts en matière de stylisme capillaire. Mais surtout, j’étais enfin guérie d’un trouble obsessionnel-compulsif. Complètement guérie. Même si on m’avait toujours dit qu’on “guérit seulement à 99 %”.

Je trouvais ça tellement ridicule. Pourquoi, juste à 99 %? Qui a décidé ça? Je n’ai plus d’obsessions, je n’ai plus de rituels : je suis guérie à 100 %.

Cette certitude, ce n’était pas une autre obsession. C’était un choix que j’avais fait, à 16 ans, dans ma tête et dans mon cœur. Le choix d’être guérie, plutôt que de garder, pour la vie, le 1 % d’étiquette de TOC collée à moi.

L’autoguérison : ce pouvoir en moi

Cette année-là, j’ai compris que j’avais en moi les outils pour guérir. Qu’en tant qu’être humain, on a tous en soi des outils puissants.

J’ai aussi compris que de la souffrance pouvait émerger une beauté collatérale. La souffrance m’a appris l’empathie. Et elle m’a donné foi en ma capacité d’autoguérison.

Devenir médecin était un rêve d’enfant. À l’époque, je m’étais dit que je deviendrais un médecin “différent”. Je réalise aujourd’hui que le choix que j’ai fait à 15 ans, celui de développer des outils intérieurs pour guérir, plutôt que de prendre des médicaments, a forgé ma croyance profonde quant aux pouvoirs que possède l’être humain.

Ce pouvoir est là, en toi.

~

J’ai vécu de l’anxiété, et je continue d’en vivre à l’occasion.

Parce que j’ai développé mes outils intérieurs, je suis maintenant capable de laisser entrer l’anxiété dans ma maison lorsqu’elle me rend visite, au lieu de l’éviter. Le temps d’une tasse de thé, je l’écoute avec une attention bienveillante, elle me dit ce qu’elle a à me dire, et elle repart, comme elle est arrivée. ♥

Au cours de notre vie, nous vivrons de l’anxiété ou connaîtrons quelqu’un qui en vivra. Je t’invite donc à découvrir mon nouveau livre L’Anxiété sans complexe : tu y trouveras des conseils et des techniques pour t’aider à mieux gérer l’anxiété naturellement. Si tu désires être guidé.e dans ta démarche, découvre mon programme en ligne L’Anxiété sans complexe.

Avec amour et lumière,

Sophie xx ♥

5 comments


Francine St-Amand

Merci vous êtes une femme d’exception,j’ai beaucoup d’admiration pour votre travail et la femme que vous devenue.

July 8, 2020 (21:28) - Reply
Sophie Maffolini

Merci beaucoup Francine pour ta belle lumière! Tes mots me touchent beaucoup xx

July 9, 2020 (10:28) - Reply
Ferrara

Bonjour Sophie
Je vous suis depuis 1 moment… ( Mon réve était aussi de devenir medecin Mais Je Ne suis pas aller plus loin que le reve Ce qui m a plutot couté 1 échec professionnel)
L anxiété ET l angoisse sont Mon quotidien depuis MA jeunesse…. Hâte de decouvrir ces solutions.
Merci pour vos partages.
Vous êtes rayonnante.
Salutations. Nora

July 10, 2020 (01:42) - Reply
Duhamel

Merci beaucoup pour ce beau témoignage.
Vous avez fait preuve d’une belle foi en vous à 15 ans.
Bravo !

July 10, 2020 (06:32) - Reply
Diane Tanguay

Merci beaucoup pour ce beau témoignage que tu as fait, je te félicite Sophie,…

Ça m’a fait chaud au coeur, de voir comment une personne qui se prend en main peut changer, ……Je n’en croyais pas mes yeux, je t’ai relus une deuxième fois…J’AI ADORÉ TE LIRE

July 14, 2020 (05:01) - Reply

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