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Journée mondiale de la santé mentale

Aujourd’hui, c’est la Journée mondiale de la santé mentale dont le thème est « les jeunes et la santé mentale dans un monde en évolution ». Je ne le savais pas moi non plus (!!) jusqu’à ce qu’une élève me partage un témoignage si inspirant qu’elle a fait aujourd’hui. Comme vous le savez peut-être ou sans doute, j’ai vécu plusieurs années de ma vie avec la maladie mentale. Et en tant que médecin, je vois chaque jour des personnes souffrant de maladie mentale dans mon bureau. J’ai vu plus de gens pleurer d’une souffrance psychologique, que de blessures physiques. J’ai vu plus de gens mourir par suicide, que d’une cause organique. J’ai vu des dizaines d’enfants… Oui, des dizaines… le sillon de la corde, marqué profondément dans leur cou, les yeux sans vie, le corps déjà froid.

J’ai moi-même souffert de maladie mentale. Ça a commencé environ à l’âge de cette photo où mes lulus et mon sourire en coin camouflaient bien mon mal. Et je sais que lorsqu’on souffre, on pense qu’il n’y a pas d’issue, on se sent si seul avec la maladie et on croît même que le bonheur, c’est quelque chose qui n’existe pas. En tout cas, pas pour nous. On se dit que ça va finir par passer tout seul, mais ça ne fait qu’empirer.

La santé mentale doit devenir une priorité, doit devenir quelque chose dont on parle ouvertement. Surtout au sein des familles. Les gouvernements doivent investir beaucoup plus en santé mentale et en prévention des maladies mentales.

Je me souviens, lorsque j’étais enfant, à passer 3 h par jour à caresser la photo de mon grand-père, à compte 1,2,3 ; 1,2,3 en tirant ma toile devant ma fenêtre des dizaines de fois avant de pouvoir aller me coucher. À crier « je t’aime papa » des dizaines de fois pendant que les autres membres de ma famille essayaient de dormir et se demandaient ce qu’il m’arrivait sans comprendre. À me faire traiter de malade mentale devant toute ma classe au secondaire et perdre tous mes amis.

Je me souviens de ces soirées, toute seule, enfermée dans mon garde-robe « mon temple de la renommée des Expos » que j’avais créé, pour me réfugier.

Je me souviens de cette journée, 6 ans plus tard, où une amie m’a apporté une page d’un vieux journal jauni. Elle m’a dit « je pense que tu devrais lire ça », l’air mal à l’aise. Ça parlait du TOC.

Moi un TOC ? Non, non…

J’ai fait semblant de ne pas avoir lu. J’ai attendu, attendu, attendu. Parce que je me disais « ça va finir par partir tout seul ». Mais ça ne partait pas…ça empirait.

Et finalement, après qu’une crise ait explosé une nuit où je refusais de dormir dans ma chambre parce que mon anxiété était trop élevée, je me suis résiliée à consulter.

Et même si on m’a dit « tu ne pourras pas guérir complètement, personne ne guérit complètement d’un TOC ». J’ai guéri. À 100%. C’est possible de guérir.

Et aujourd’hui, je vois cette maladie que j’ai eue comme un cadeau. Car elle m’a montré à quel point les humains souffrent. Mais aussi et surtout, à quel point on est tous, simplement humains.

Si vous souffrez aujourd’hui, mon cœur est avec vous, et j’ai foi que vous rencontrerez des outils de guérison et des personnes aidantes sur votre chemin. C’est possible de guérir. Cherchez de l’aide, il y a des gens pour vous aider.

Si un de vos proches souffre, ouvrez-lui une porte, écoutez-le, sans jugement.

Sept années de pratique de la médecine m’ont appris une chose importante : que l’écoute, simplement l’écoute, est une des plus puissantes médecines.

Je rêve du jour où la santé mentale sera une priorité de notre société. Où nous ouvrirons la conversation de manière saine, sans jugement, avec amour.

Avec amour, de mon cœur aux vôtres,

Sophie la souris, maintenant saine d’esprit. Parce que c’est possible. Possible pour vous aussi. #toushumains

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