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Est-ce que la pleine conscience a des effets secondaires?

On parle beaucoup des bienfaits de la pleine conscience (et moi la première!). Mais est-ce que la pleine conscience peut avoir des effets secondaires? Voici une réflexion en lien avec cet article publié dans Le Devoir : L’engouement pour la méditation occulterait ses effets secondaires. 

Des personnes m’ont approchée suite à la parution de cet article. Deux d’entre elles prétendant que je ne le partageais pas sur ma page Facebook « pour ne pas nuire à la vente de mon livre »…Et qu’en tant que médecin, j’avais le devoir de ne pas nuire « Primum non nocere ». (Merci pour le rappel 😉). Et une autre personne, préoccupée à savoir si la méditation pouvait vraiment lui causer des effets secondaires et s’il y avait de quoi s’inquiéter.

En premier, j’ai toujours vu mon livre (à paraître au début du printemps) comme un moyen de partager la pleine conscience, cette expérience qui a changé ma vie. Je n’ai jamais pensé en terme de « vente de livres » mais plutôt en terme de personnes que je peux atteindre avec mon message d’éveil et d’invitation à entrer à l’intérieur de soi. Parce que toutes les réponses s’y trouvent et le voyage intérieur est pour moi, le plus beau des voyages. Pour que mon message puisse rejoindre une personne, il faut que cette personne soit ouverte et prête à l’accueillir.  C’est à ces personnes seulement que mon livre s’adresse.

Peu d’études sur les effets secondaires de la méditation

Revenons maintenant à l’article. En résumé, cet article mentionne que les effets secondaires de la méditation ne sont pas assez étudiés.  Et c’est vrai que la plupart des études sur la pleine conscience et la méditation parlent très peu des effets secondaires. Pourquoi? Parce que la plupart des chercheurs qui font des études sur la pleine conscience (il y a des milliers d’études publiées à ce jour), sont aussi des méditants et sont convaincus de ses bienfaits.  On appelle cela « un biais ».

Donc oui, c’est vrai qu’il n’y a pas assez d’études sur les effets secondaires de la méditation.

Mais est-ce que cela doit nous empêcher de méditer ou nous forcer à attendre qu’il y est plus d’études sur le sujet pour se lancer dans la pratique méditative?!  Je ne crois pas, mais à vous de choisir. 😉

Les effets secondaires potentiels de la méditation

Dans l’article, on relate que « les textes bouddhistes rapportent de nombreux effets secondaires, en particulier chez les personnes qui pratiquent intensément la méditation. Cela inclut des états d’euphorie, des visions, des douleurs physiques intenses, de la paranoïa, de la colère et de la peur. »

J’aimerais souligner ici le mot « intensément ». On parle ici de moines, qui pratiquent la méditation au sommet d’une montagne ou dans une grotte (ou dans leur chambre mais c’est plus fancy sur le sommet d’une montagne).

Personnellement, j’ai vécu certains de ces « effets secondaires » lorsque j’ai commencé à méditer. Je méditais alors 4 heures par jour pendant plusieurs mois (on peut qualifier ça d’intensément). Ce que j’ai vécu comme « effets secondaires », c’était cette euphorie, cette joie intense, je dormais seulement 4h par nuit et j’étais remplie d’énergie.  J’étais heureuse. Cela a duré pendant environ 6 mois (mais mon bonheur a continué). Pour moi, ces « effets secondaires » ont été vraiment positifs et me faisaient du bien. Et c’est grâce à ma pratique méditative que j’ai guéri de l’anorexie.  Ça aussi, c’est un effet secondaire 😉.

J’ai aussi vécu des « visions », où j’avais cette sensation que mon corps n’existait plus, qu’il ne restait que ma colonne vertébrale, que j’étais à l’extérieur de mon corps, que mon corps n’avait plus de limite physique. Cela a duré l’espace d’une méditation, je ne sais pas combien de temps, mais c’était aussi une sensation agréable mais à laquelle je ne me suis pas attachée. (Car c’est ce que nous enseigne la pleine conscience : ne pas s’attacher à ce qu’on vit lors d’une méditation).

Et si l’on découvrait de la colère, de l’anxiété, de la peur en soi?

En s’arrêtant pour méditer, on fait ce choix d’entrer à l’intérieur, d’aller voir ce qu’il y a en nous et parfois, ça peut nous déstabiliser.  J’ai aussi vécu cela, lors d’une retraite Vipassana où l’on médite 10h par jour pendant 10 jours.  Les 3 premiers jours, je constatais beaucoup de colère présente en moi. Je découvrais une colère en moi dont je n’étais pas consciente auparavant.  Je voyais le visage d’une personne qui m’avait blessée et énervée et dont je n’avais même pas conscience avant. Je me revoyais en boucle en train de lui dire ce que je pensais. Je constatais la présence des ces émotions et de ces pensées, en moi. Personnellement, j’ai vu cela comme quelque chose de bénéfique de prendre conscience de toute cette colère. Ça a ensuite laissé place à la paix, à un sentiment de légèreté. Je marchais dans le petit sentier dans la forêt sous la pluie avec une sensation de légèreté profonde, un mi-sourire aux lèvres : la colère s’en était allée.

Et c’est vrai, comme ils le disent dans l’article, que la méditation n’est pas pour tout le monde. La méditation est pour ceux qui souhaitent découvrir ce qu’il y a en eux. Et cela veut parfois dire de découvrir de l’anxiété, de la peur, de la colère. ET C’EST CORRECT. Ces émotions étaient toujours là, mais on ne les sentait pas, faute d’écoute. 

Refuser de vouloir entrer à l’intérieur, c’est ÉVITER. La méditation est le contraire de l’évitement, et ce n’est pas pour tout le monde. 

Apprendre à se connaître, c’est faire le CHOIX d’accepter que ces « effets secondaires » puissent survenir et qu’on y fera face.

Contre-indications aux programmes de réduction du stress par la pleine conscience

Dans le texte, on mentionne également que « si l’ego est altéré par une psychose ou un traumatisme, cela peut être dangereux pour la personne, en réveillant des tendances suicidaires par exemple. ». C’est pour cela que les programmes de réduction du stress par la pleine conscience comme mon programme FIT SPIRIT sont contre-indiqués dans différentes conditions :

  • Dépression majeure en phase aigue
  • Attaques de panique très fréquentes
  • Trouble psychotique
  • Contexte actif d’abus sexuel, physique et/ou psychologique

Et c’est pour ça que je redis encore et encore que si vous souffrez d’une maladie physique ou psychologique, consultez d’abord un professionnel de la santé près de chez vous.

Est-ce qu’on arrête de méditer à cause des effets secondaires?

Pour conclure, j’ai révisé pour vous un article qui traite des « effets secondaires » de la méditation. Je l’avais fait pour l’écriture de mon livre justement! J’ai décidé de le publier maintenant sur mon site.  Vous pouvez le lire en cliquant ici.  Je crois que ça va vous rassurer! En résumé, les « effets secondaires » de la pratique n’ont pas mener les méditants à arrêter de méditer (et personne n’est mort).  

Finalement, j’aimerais vous dire que TOUT a des effets secondaires.  Tous les médicaments ont des effets secondaires potentiels. Même une simple rencontre chez votre médecin peut avoir des effets secondaires!

Je crois qu’il nous revient à NOUS-MÊME, en tant que MAÎTRE DE NOTRE PROPRE BIEN-ÊTRE, de déterminer les « effets secondaires » que nous sommes prêt à accepter dans notre vie. Et certainement, nous pouvons toujours ajuster notre pratique méditative : diminuer la durée par exemple, ou choisir une posture différente si nous éprouvons des douleurs.

C’est à quoi nous invite la pleine conscience : se requestionner, et s’intéresser à ce qui est bon, pour soi.

7 comments


Nicole

Merci Sophie pour ce partage de tout ce qui peut survenir lorsque l’on médite. Et je crois aussi que tout à deux côté, à nous d’y voir. La méditation apporte beaucoup et ce à chaque niveau, tout dépend du temps accorder à notre pratique et pourquoi on pratique.

February 15, 2018 (12:43) - Reply
Sophie Maffolini

Oui! Merci Nicole!

March 7, 2018 (08:26) - Reply
Rita Maffolini

WoW! Quelle belle réponse à ces questionnements. Tu peux être fière de toi. Tu es bien documentée et tes arguments sont constructifs. Bravo mon amour de grande fille! Je t’aime et je te félicite d’avoir répondu avec brio à ces personnes qui doutent. Tout est une question de dosage et de relativité. 💕💕💕

February 15, 2018 (17:15) - Reply
Sophie Maffolini

Merci maman! xxx

March 7, 2018 (08:26) - Reply
Julie

Merci beaucoup! Je n’ai pas d’inquiétude et lu plus par curiosité mais je trouve que tu réponds très bien aux questionnements que les gens puissent avoir et avec des propos très clairs! Tu m’inspire beaucoup de confiance! Merci d’arriver dans ma vie 💕

February 17, 2018 (21:38) - Reply
Sophie Maffolini

Merci beaucoup Julie!

March 7, 2018 (08:26) - Reply
Esteban

Hi there! Such a nice write-up, thanks!

March 18, 2019 (11:38) - Reply

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